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"La France est en mesure de considérer et de traiter les problèmes, non pas sous une forme plus ou moins haletante et changeante, mais en tant que desseins continus et décisions de longue portée" avait dit le général de Gaulle le 14 janvier 1963*.

Cette phrase montre deux faits : en ce temps pas si lointain, un homme politique savait s'exprimer dans un français parfait, et le peuple qui l'écoutait avait une connaissance de la langue française à un niveau élevé lui permettant de comprendre d'emblée une phrase qui aujourd'hui laisse pantois la plupart des jeunes et des adultes.

Que dit de Gaulle ? Que la France peut analyser les problèmes qui se posent à elle, trouver les solutions et prendre les décisions nécessaires sans y mêler les émotions passagères mais en les inscrivant dans une vue du long terme claire et cohérente.

La qualité du personnel politique s'est considérablement dégradée, c'est incontestable. De Gaulle disait clairement les choses, exposait sa solution et la décision prise. Les commentateurs politiques n'avaient aucun besoin de passer des heures à tenter d'en décrypter le sens, il leur suffisait d'en tirer les conclusions en termes d'actions à entreprendre par le gouvernement. Ce que disait et faisait ensuite un Antoine Pinay était compréhensible par tous, efficace, et chacun, quoi qu'il en pense, savait quelles en seraient les conséquences sur sa vie personnelle.

L'opposition, celle de Pierre Mendès-France par exemple, s'exprimait tout aussi clairement quand elle proposait d'autres objectifs avec d'autres moyens.

François Mitterrand a introduit une première perversion dans les années 1980 en utilisant le langage de ses discours pour masquer une double pensée. Lui aussi parlait un français châtié, mais s'en servait pour dissimuler ses objectifs réels. On le comprend d'un homme qui était passé de l'extrême droite à la gauche en transitant par une période de flou quand il fréquentait en même temps dans les années 50-60 les radicaux socialistes et maître Tixier-Vignancourt, le prédécesseur de Jean-Marie Le Pen, qui lui apportait ses voix à chaque élection. Un homme qui s'est servi des socialistes pour accomplir ses ambitions politiques et avait déclaré "le parti socialiste n'est plus à prendre mais à ramasser".

Une nouvelle évolution s'est produite avec l'arrivée des trotskistes faisant de l'entrisme dans les partis de la gauche traditionnelle, comme Lionel Jospin. La dissimulation de la pensée politique y a été poussée à ses extrêmes. Mais dans le même temps, l'invasion des énarques dans la haute fonction publique qu'ils ont totalement squattée et la montée de leurs ambitions politiques, alors qu'ils s'étaient contentés jusqu'ici de leur rôle d'excellents fonctionnaires, on introduit une nouvelle fonction dans le langage de l'élite au pouvoir : dissimuler une pensée politique réduite à sa plus simple expression, très proche du degré zéro. Il suffit d'écouter Copé et Hollande, Philippot et Mélenchon pour le comprendre, à défaut de les comprendre.

Lorsque Hollande déclare le 14 janvier dernier "Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c'est tout le contraire", il suffit de rapprocher cette phrase d'une autre "le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, le communisme c'est le contraire" (Coluche) pour constater que dans les deux cas, la phrase n'a aucun sens. Et quand revenant du Mali il dit "En Afrique, il fait très chaud", on peut vraiment se poser la question de savoir s'il pense faire l'un de ces traits d'humour de bistrot corrézien dont il a le secret, ou si son encéphalogramme est plat. Quand nous apprendra-t-il qu'il fait froid au Groënland ou qu'il pleut fréquemment à Brest ?

Le pire que font les énarques est de parler une sorte de sabir : ils ne sont pas "capables" mais "en capacité". Qu'ils soient des incapables, on l'a compris, mais nous faire croire en disant "je suis en capacité" qu'ils pourraient éventuellement devenir capables, ressort de l'escroquerie intellectuelle.

Chaque fois qu'ils prononcent le mot "justice", les Français l'ont compris, cela signifie qu'ils vont favoriser une toute petite minorité aux dépens d'une large majorité pour en tirer, eux, un profit politique ou financier.

Prenons l'exemple récent du "mariage pour tous". Premier mensonge, il n'est pas du tout "pour tous", puisqu'il ne concerne que les homosexuels. Second mensonge, ce n'est pas un acte de justice puisqu'il va à l'encontre de l'objectif sur lequel existe un large consensus social depuis des millénaires : protéger et consolider la famille avec son couple et ses enfants dont la société a besoin pour se renouveler et se développer. Troisième mensonge, ce n'est pas un progrès moral puisqu'il donne un avantage social à des paires d'individus qui ne veulent pas faire des enfants et préfèrent les acheter sous un forme, l'adoption, ou une autre, la PMA ou la GPA, jusqu'ici réservées à juste titre aux couples qui, pour une raison quelle qu'elle soit, ne peuvent pas avoir d'enfants. Confondre comme le fait madame Belkacem "pouvoir" et "vouloir" ressort de la confusion mentale. Pourquoi alors ne pas protéger et avantager les citoyens qui à l'instar de Cahuzac peuvent payer des impôts mais ne veulent pas le faire et vont à l'étranger pour contourner les lois, comme les homosexuels qui peuvent faire des enfants mais ne veulent pas en faire ? Pourquoi un choix sexuel personnel devrait-il être favorisé par l'Etat si un autre choix, financier celui-là est interdit ? Il y a là création d'une grave injustice sociale.

D'autant plus que le chiffre annoncé des mariages homosexuels, 7 000, dont se gargarisent les socialistes, confirme la petite minorité réelle que sont les homosexuels dans la société. En effet, tous les démographes sont d'accord pour dire qu'il y a actuellement un effet de cumul de mariages qui étaient espérés par les homosexuels depuis des années et que le rythme actuel va être rapidement divisé par trois ou plus. Or, pendant la même période, il y a eu 238 000 mariages hétérosexuels. 7 000 rapportés à 238 000 donne 2,9 %. Cela signifie qu'en temps redevenu "normal", moins de 1 % des mariages seront le fait de paires d'homosexuels, ce qui correspond à l'effectif estimé d'homos dans la population française.

Pourquoi dis-je "paire" et pas "couple" pour parler de deux homosexuels ? Parce qu'en bon français "couple" désigne deux êtres de sexes différents, et "paire" deux êtres de même sexe : une paire de bœufs = deux taureaux castrés, un couple de pigeons = deux pigeons, un mâle et une femelle qui s'aiment d'amour tendre.

Si nos femmes et hommes politiques voulaient bien, puisqu'ils le peuvent, parler en français plutôt que dans leur jargon d'énarques, cela faciliterait la compréhension des citoyens et éviterait des amalgames sémantiques, des confusions verbales qui ne contribuent guère à la bonne solution des problèmes. Personne ne nie qu'il y ait besoin d'améliorer le statut des homosexuels puisque nos sociétés occidentales contrairement aux sociétés musulmanes ou asiatiques les acceptent, mais parler de "mariage pour tous" relève d'une escroquerie verbale, intellectuelle et sociale où la justice invoquée à son secours n'a rien à voir.

Une petite dernière qui va vous démontrer une fois de plus l'inculture de notre élite, c'est l'expression "Faire France" mise à la mode (je crois) par Aurélie Filipetti, ministre de l'inculture justement, dont je me demande chaque matin en me rasant par quel mystère elle a obtenu ses diplômes. "Faire France" rappelle fâcheusement "faire riche" que vous utilisez quand vous collez sur le capot de votre Twingo une étoile à trois branche Mercédès en disant à votre épouse "regarde, ça fait riche". Dans les deux cas, l'utilisation de cette expression trahit l'intention de tromper celui qui jette un regard superficiel sur l'objet ainsi déguisé, cache un bricolage fait pour tromper l'acheteur, comme les marchands de voitures d'occasion qui vous disent "elle fait classe" pour vous vendre une voiture accidentée hâtivement repeinte.

Et puis, la der des ders, mais le sujet est inépuisable : "théorie du genre" passait mal alors Najat Belkacem l'a remplacé par "stéréotypes sexuels" si les familles vont mal en ne comprenant rien au genre, c'est de la faute des stéréotypes sexuels !

C'est ça, le socialisme à la française quand sa pseudo élite est "en capacité" d'être "en responsabilité" qui signifie clairement qu'elle n'est ni capable, ni responsable.


Maurice D. pour minurne.fr

DELIQUESCENCE DE LA LANGUE FRANCAISE CHEZ LES SOCIALISTES (par Maurice D.)

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