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Le Plan cancer tombe à pic : un sujet compassionnel qui permet à celui qui s’y engage de se rendre plus sympathique. À défaut d’être le père de la nation, son guide sur la longue distance – ce à quoi invitait la Constitution de la Ve République, et plus encore sa lecture et sa pratique par le Général –, François Hollande se convertit à la version de Sarkozy qui, alliant sa personnalité aux conséquences de l’absurde quinquennat, avait été l’omniprésident, s’agitant sans cesse sur tous les fronts, intervenant sur tous les sujets, et ne tirant de cette dispersion aucune grande réforme pour le pays.

Dans le seul moment brillant de sa vie politique, F. Hollande avait fait la leçon à N. Sarkozy, au cours d’une anaphore devenue célèbre. Si on ne retient que deux formules, on possède la clef de la manœuvre actuelle. « Moi président, je ferai en sorte que mon comportement soit exemplaire » et plus avant : « Je serai un président qui ne veut pas être président de tout. »

Ayant lamentablement échoué sur l’exemplarité, après avoir installé une situation qui n’avait rien d’exemplaire à l’Élysée et mis fin à celle-ci par une répudiation d’une grossièreté inouïe, allant d’une bourde à une maladresse lors de ses voyages à l’étranger, F. Hollande cherche désespérément à redorer son blason en multipliant les interventions d’un président de tout. L’ennui, c’est que, chez Sarkozy, c’était une volonté. Chez Hollande, c’est la recherche d’une bouée de sauvetage. Sarkozy avait tout du père compulsif, ne laissant guère de place au reste de la famille, et présentant aux médias une cible mouvante, déjà ailleurs quand le tir s’ajustait sur l’objectif précédent. Il organisait sa fuite en avant, à droite toute pour se faire élire, et à gauche, une fois élu, pour siphonner l’adversaire.

Alors, après le pacte de responsabilité pour marquer sa volte-face économique, l’abandon – au moins tactique et momentané – de la politique destructrice de la famille, François Hollande a « dévoilé » le troisième plan cancer. Chirac avait lancé le mouvement. Que l’introduction d’un plan soit l’affaire du Président, c’est compréhensible. Il s’agit d’une nouvelle orientation de l’État sur un sujet d’importance nationale. Après une réalisation dont les insuffisances avaient été soulignées par la Cour des comptes, qui constatait en 2008 qu’un tiers seulement du programme avait été réalisé, Sarkozy en avait lancé un second. Normal, au moins pour lui : il faisait tout. Mais le troisième, marqué par un souci d’égalité devant la maladie, est-ce le domaine du chef de l’État ?

La lutte contre le tabagisme ou la nécessité des tests médicaux et des dépistages sont-ils de son ressort ? Il y a un Premier ministre. Il y a un ministre de la Santé. Si le Président n’avait pas un besoin vital « d’une cause qui fédère », comme il l’a lui-même avoué, il serait plus conforme à nos institutions que le ministre en charge du dossier se fasse un nom et une image sur un thème aussi important, plutôt que de jouer les pompiers de service, sans le recul nécessaire, lorsqu’un accident se produit dans un hôpital. Quand le plus haut descend d’une marche, tout le monde suit le mouvement et plus personne n’est à sa place. C’est le rôle et la place de l’État qui deviennent confus. Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Le Président en assure la continuité et l’indépendance. Certes, la pratique politique et le quinquennat nous ont éloignés du texte de la Constitution, mais beaucoup plus encore, c’est la piètre qualité des hommes politiques, allant d’échec en échec et pensant néanmoins à leur réélection plus qu’au bien commun, sous l’œil impitoyable des médias, qui nous en a écartés.

Christian Vanneste

Plan cancer, une cause qui fédère...

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