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Il y a quelque chose de pourri au royaume de France, qui d’ailleurs est une République. Faire confiance est devenu un luxe inaccessible. Un an pratiquement après qu’un ministre a menti, les yeux dans les yeux, en bloc et en détail aux Français et à leurs représentants, voici qu’un autre remet ça. L’arrogante Mme Taubira, au regard souverain et au verbe haut, a chu de son piédestal. Balbutiant, hésitant, bafouillant, elle a tenté de dire qu’elle avait menti à l’insu de son plein gré, puisqu’elle avait été avertie très récemment de l’ouverture d’une information concernant Nicolas Sarkozy, mais pas vraiment des écoutes dont il était l’objet depuis un an, et encore moins de leur contenu. Le juge n’aurait lui-même pas informé le parquet lors de leur déclenchement.

Panique ou impudence ? Mme Taubira brandissait pour preuve des lettres qui démentaient ce qu’elle affirmait de façon péremptoire. Avec un aplomb retrouvé, le garde des Sceaux et le Premier ministre – qui s’étaient, cette fois, entendus sur les éléments de langage, c’est-à-dire sur ce qu’il s’agit de faire croire aux imbéciles qui les écoutent – ont essayé de retourner le gant. Le retard de la remontée de l’information prouverait l’indépendance de la justice. Ben voyons : un juge, que personne n’a élu, va mettre sous écoute un ancien président de la République, et ni le parquet, ni le ministre, ni l’actuel locataire de l’Élysée ne seraient prévenus…

Les soupçons porteraient sur des faits très graves, violation du secret de l’instruction et trafic d’influence. On aura mesuré à l’insistance de la dame sur la noirceur du crime tout le respect qu’elle nourrit pour la présomption d’innocence dès lors qu’il s’agit d’un adversaire politique. Les accusations infondées de l’opposition témoigneraient du vice qui est le sien et qu’elle projette sur une gauche incapable de ces turpitudes. Depuis vingt mois, nous sommes passés de la nuit à la lumière, et la droite ne s’en est pas aperçue. Les Français auront traduit : « Ne les croyez pas. Ils sont plus pourris que nous. »

Après les mécomptes de l’UMP, et la manœuvre de Copé appelant les autres partis à la transparence pour se dédouaner, on a eu le choc de l’affaire Buisson, le voleur volé, enregistrant Sarkozy, trahissant sa confiance, mais peut-être parce qu’il ne lui faisait aucun crédit. Que le garde des Sceaux, qui par son titre même symbolise la garantie de nos institutions, soit pris en flagrant délit de mensonge et de dissimulation achève de peindre un paysage désolé, une République en ruine, une société où les politiciens sont suspectés de faire des affaires douteuses, où croire en la parole de quelqu’un devient une aventure téméraire et où la justice, érigée à tort en pouvoir dans les discours, est plus que jamais elle-même suspecte. Mme Taubira, ex-indépendantiste, auteur d’une loi partiale qui stigmatise notre histoire, d’une autre loi qui porte atteinte à l’institution familiale, doit évidemment démissionner d’un poste ministériel qui exige des personnalités d’une altitude morale exceptionnelle. Mais lorsqu’un corps est gangrené, l’amputation d’un membre ne suffit pas.

Christian Vanneste

Les mensonges de Mme Taubira

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