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La France, sixième exportateur mondial de biens, continue de commercer et de signer nombre de contrats mirobolants avec ses partenaires du monde entier, même les plus sulfureux. Entre le Qatar, la Chine et l’Arabie saoudite, ce sont des milliards qui sont en jeu.

Jeudi dernier, le ministère de la Défense annonce que le Qatar a signé une lettre d’intention pour l’achat de 22 hélicoptères NH90 pour près de 2 milliards d’euros. En décembre dernier, c’est François Hollande lui-même qui déclarait que l’Arabie saoudite était « le premier client de la France au Moyen-Orient » avec plus de 8 milliards d’échanges.

Cette semaine, la France déroule son tapis rouge au président Chinois Xi Jinping : plus de 18 milliards d’accords franco-chinois ont été signés. La France cajole et met les petits plats dans les grands, dégustation de vin et autres mets du terroir français, un petit tour par l’Opéra Royal, avant de finir par le faste de Versailles.

Pendant ce temps-là, des militants dénoncent le non-respect des droits de l’homme en Chine, et demandent à Hollande de « ne pas sacrifier la question du Tibet et des droits de l’homme sur l’autel des affaires commerciales » !

Ainsi, la France part en guerre, au nom des droits de l’homme et de la liberté d’expression, en Libye, en Syrie, en Afghanistan, mais commerce allègrement avec d’autres qui n’ont rien à leur envier. Torture, prison, esclavagisme, absence de liberté, cela n’empêche en rien d’aller quémander pour marchander avec des États dénués d’humanité et de morale.

L’argent est roi, alors il ne faut froisser personne, il faut faire le dos rond, ne s’exprimer que très modérément sur la question des droits de l’homme au risque de perdre de précieux contrats. C’est l’argent qui choisit les amis, et non la raison.

Peut-on choisir entre la morale et la réalité ?

L’exportation française représente 27 % du PIB et fait vivre des millions de Français. Ainsi, peut-on dénoncer la hausse du chômage et dans le même temps refuser tout contrat avec des pays qui ne seraient pas en phase avec nos idéaux ? L’intérêt national et la réalité politique priment par ces temps de crise sociale. On ne peut faire autrement, au risque d’accentuer encore davantage la hausse du chômage et d’augmenter la misère sociale chez nous en France.

Par ces temps de crise, il semble difficile de se passer de ces impératifs économiques au nom d’un idéal plus respectueux des valeurs humanistes. La realpolitik prend le dessus sur nos idéaux, l’argent, c’est le nerf de la guerre. Peut-on continuer ainsi ? Un autre chemin est-il possible ?

Il est de plus en plus question de « décroissance », de prendre le contre-pied de ce qui se fait actuellement, mettre fin aux inégalités, à la surconsommation, à ce mondialisme effréné qui crée plus de misère sociale qu’il n’en gomme. Il serait souhaitable d’y prêter davantage attention.

Car si la globalisation a permis de sortir quelque 700 millions de Terriens de l’extrême pauvreté depuis 2008, elle a aussi creusé le fossé entre riches et pauvres comme jamais dans l’histoire.

Maximilien Richonet

Vous avez dit "droits de l'homme" ?

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