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Lors de sa déclaration de politique générale, le 8 avril dernier, Manuel Valls a convié à une rencontre les présidents des groupes UMP et UDI au Parlement, affirmant vouloir « écouter » l’opposition.

« L’opposition vient de remporter les élections municipales. Elle a donc une responsabilité vis-à-vis des Français. Je veux l’écouter. Je proposerai aux présidents des groupes UMP et UDI de me rencontrer dès la semaine prochaine, s’ils le souhaitent bien entendu », a-t-il dit.

Il est assez facile pour lui d’écouter l’opposition, quand celle-ci pense comme lui et l’apprécie. Il ne vous aura pas échappé que le Front national/Rassemblement Bleu Marine ainsi que Debout la République, bien que représentés au Parlement, ne figurent pas sur la liste des invités.

Manuel Valls fait ce qui l’arrange le mieux. Entre européistes convaincus, il n’est pas un problème d’échanger, de débattre, ils sont tous soumis à cette Europe bruxelloise, ouverte aux quatre vents, soumise au diktat de la finance internationale.

Certains, à gauche comme à droite, se réjouissent pourtant de son arrivée à Matignon ; un sondage le donne à 58 % d’opinions favorables, quand Hollande est à seulement 18 %.

Il est vrai que Valls n’est pas Ayrault. Il est flamboyant dans la forme, il est dynamique et bon orateur, il a un côté « Sarko » qui plaît et cela change du Ayrault pantouflard… Mais le fond reste le même, il continuera d’appliquer le cap que Hollande a décidé, et de manière accélérée, comme il le dit. Et pourtant, au centre comme à droite, on veut y croire… la bonne blague !

Ce dimanche, Rama Yade (sur Radio J) regrettait que Valls suive le cap dicté par François Hollande, comme s’il en avait le choix : « On a perdu le Valls flamboyant, qui sortait des clous, qui secouait la gauche », mais elle ne tarissait pas d’éloges quant à sa personne : « L’homme a des qualités, une forme d’énergie, des propos intéressants sur l’euro. »

« Le problème n’est pas Valls. Le problème, c’est Hollande », nous dit Laurent Wauquiez, quand Patrick Devedjian salue à son tour « un coup de barre à droite ».

Même Copé, qui pourtant se situe sur la ligne droitière de l’UMP, donne deux mois à Valls pour faire ses preuves :« Deux mois pour adresser aux Français le message que le gouvernement va vraiment changer de politique. »

Valls n’a pas été attaqué par cette prétendue opposition UMP/UDI et c’est à se demander s’ils n’ont pas oublié son bilan désastreux en tant que ministre de l’Intérieur.

C’est depuis la gauche de la gauche, qui défilait ce samedi, que l’on décoche en nombre des flèches contre l’ancien ministre de l’Intérieur. Un comble : Valls séduit la droite tout en divisant son camp !

Le nouveau Premier ministre n’a donc pas de réelle opposition, et peut continuer à agir comme bon lui semble. La boutique gouvernementale a changé de vitrine et on n’y voit que du feu.

Maximilien Richonet

Manuel Valls, gare au réveil !

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