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Inutile de gloser à l’infini sur la dernière sortie de Jean-Marie Le Pen, où l’hystérie pavlovienne des uns ne vaut pas mieux que la glauque escobarderie de l’autre, sans parler des considérations psychologisantes hors de propos des commentateurs. La seule question qui vaille est politique : le rapport des forces interne au FN a-t-il assez basculé pour lui permettre de franchir une nouvelle étape au profit de l’expression politique nécessaire au pays, ou pas ? C’est en partie de cette réponse que dépend l’évolution du « tripartisme » provisoire que chacun constate désormais et, partant, la possibilité de commencer à renverser le cours désastreux des choses, ce qui est si urgent.

Parallèlement, les uns tablent sur la décomposition de l’UMP (ou sa fracture), les autres pensent pouvoir parvenir au pouvoir sur leur seule lancée ; tout le monde fait des paris. C’est bien hasardeux, quand il n’est plus temps.

Pourquoi attendre une hypothétique scission de l’UMP, ou une tout aussi hypothétique mue décisive du FN en mouvement de rassemblement largement ouvert ? L’une et l’autre correspondent à un rêve, pas nécessairement à la logique propre aux intérêts des acteurs de la lutte et aux conditions de celle-ci.

D’autre part, comment escompter qu’un « raccord » se fasse de lui-même pour résorber le hiatus croissant entre les raisons de la colère de nos concitoyens (particulièrement sur la question de l’immigration et de l’identité culturelle) et les positions des partis, FN compris ? Comment faire pour que l’insuffisance ou l’irréalisme des propositions de ce parti dans certains domaines (notamment économiques) se réduise ?

Une nouvelle structure politique complémentaire au FN, à vocation d’allié, de nature fédératrice, paraît indispensable dans tous les cas. On peut en brosser les grandes orientations : accord de fond sur l’axe déterminant, qui est la reconquête de notre souveraineté, et par là de notre capacité politique, le retour d’une stratégie globale et pertinente pour notre pays, le retour d’une politique de la France pour la France et pour les Français, en Europe et dans le monde. Mais différences ou nuances sur les modalités de mise en œuvre (Union européenne, euro : méthode, tactique), les articulations (économie et social — subsidiairement : écologie et développement, la révolution industrielle « V3 », le ressourcement « localiste », etc.), et surtout les priorités affichées, notamment la centralité de la question de l’immigration, et par suite de l’islamisation, et l’importance des questions dites « sociétales » : il faut donner droit à la formidable réaction anthropologique qui s’est fait jour au sein de notre peuple, face aux limites désormais touchées par les dérives libertariennes.

Un accord complet sur l’objectif primordial, la reprise française, et au reste la place pour une dialectique constructive au sein d’une complémentarité politique : on s’y colle ?

Didier BOURJON

Scission de l’UMP, mue du FN…

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