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« France, qu’as-tu fait des promesses de ton Baptême ? » Ainsi résume-t-on la question posée naguère par Jean-Paul II à notre pays.

Faute de célébrations religieuses, le sacré s’est replié sur les commémorations nationales, histoire de permettre au Président de diffuser quelques messages politiques, en douce, et sans se faire huer. Mais cette pluie quotidienne de cérémonies finit par saturer. À force de rappeler l’héroïsme et les sacrifices des combattants de 1914-18 ou ceux des résistants et des libérateurs de la Seconde Guerre mondiale, on finit par mesurer le gouffre qui les sépare de la médiocrité d’aujourd’hui.

« France, qu’as-tu fait des promesses de tes “victoires” ? » Pour la première guerre, autant il est facile de saluer le courage des « poilus », autant il est amer de se souvenir que le million et demi de morts français a été rendu inutile à peine une vingtaine d’années plus tard, non pas tant en raison du nazisme que de l’irresponsabilité criminelle de ceux qui ont dirigé la France civile et militaire de Versailles à Munich, favorisé la naissance du monstre et se sont privés des moyens de l’arrêter.

La première guerre a été gagnée par la France qui en est sortie épuisée et saignée. Le soutien décisif des Russes au début, des Américains à la fin, l’appui des Britanniques pouvaient être placés au second rang. Pour la dernière guerre mondiale, c’est évidemment l’inverse. C’est la résistance des Britanniques d’abord et des Russes ensuite, c’est l’engagement massif et principal des États-Unis qui ont assuré la victoire. Le génie du général de Gaulle a consisté à tirer la France du néant dans lequel elle avait sombré pour qu’elle soit néanmoins au premier rang des vainqueurs, et qu’elle reprenne apparemment sa place avec, par exemple, son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

Jusque dans les années 70, les Trente Glorieuses, son plein emploi, son taux de croissance enviable ont assuré à la France une image positive. En 1973, le Hudson Institute du futurologue Herman Kahn publiait « L’Envol de la France », qui prédisait que celle-ci doublerait l’Allemagne en 1985, et deviendrait la troisième puissance économique derrière les USA et le Japon… La réalité s’est écartée quelque peu du pronostic. Le Président insiste sur la cinquième place d’un pays qui s’effondre, dont l’industrie a reculé plus que chez nos voisins, dont le commerce extérieur est déséquilibré gravement depuis une douzaine d’années, qui crève sous une dépense publique étouffante et des prélèvements obligatoires décourageants et qui connaît désormais un taux de chômage record lié à une absence de croissance. Un mauvais esprit serait enclin à penser que ce que l’Allemagne n’avait pu obtenir par la guerre, elle l’a conquis dans la paix, en réussissant sa réunification et en affichant des résultats économiques exemplaires, en Europe, qui lui confèrent une prééminence qui déborde visiblement sur le politique. Entre la coalition allemande qui donne le la à l’Europe, en lui imposant sa conception de la monnaie et de l’économie, et le gouvernement d’une gauche divisée, et idéologiquement archaïque, en France, la comparaison est humiliante.

Christian VANNESTE

France, qu’as-tu fait des promesses de ton Baptême ?

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